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AS THE WORLD BURNS
(Matador/PIAS, 1999)

Beaucoup d'espoirs avaient été placés sur ce premier album des Arsonists, devenus icônes underground sur la foi de quelques singles mémorables sortis depuis 1996 sur les labels Fondle'em et Serchilite. Ils ne sont pas déçus. Bénéficiant avec le label Matador d'une plus grosse structure pour promouvoir leurs enregistrements, les Arsonists disposent avec cet As the World Burns des meilleurs atouts pour imposer leur rap incandescent à un public plus large que le petit milieu hip hop indé.

Pourtant, As the World Burns peine à démarrer. Un "Backdraft" incisif mais convenu, suivi d'un "Shit ain't Sweet" dispensable et de la plaisanterie "Pyromaniax" annoncent rien d'un grand album. Heureusement, le niveau monte brutalement dès la cinquième plage. Aussitôt cet excellent "Underground Vandal" achevé s'enchainent la plupart des singles et des faces B des Arsonists, tous irréprochables.

Puis s'intercalent quelques nouvelles compositions tout à fait convaincantes : en fin de course, des gemmes du niveau de "Live to Tell", "Worlds Collide", "Halloween" et "In your Town", démontrent que les Arsonists ont largement évolué depuis leurs premiers enregistrements. Jusqu'ici, les critiques évoquaient Gang Starr, voire Mobb Deep, pour décrire cette musique. Désormais, il leur faut aussi mentionner le phrasé des Souls of Mischief et les ambiances étranges et baroques du Wu-Tang Clan.

Les Arsonists ne sont pas exempts de tous reproches. Tête de proue de l'underground new-yorkais, ils demeurent néanmoins des rappers relativement conventionnels, et leur album, comme toute compilation de singles, manque par moment d'unité et de consistance. Mais au vu de l'excellence de la grande majorité des plages, As the World Burns s'inscrit sans peine parmi les incontournables hip hop de ces dernières années.

Artistes : Arsonists
Scènes : New York
Extrait : Halloween
Durée : 64"44'

As the World Burns

Cote NuSkool : 8/10

Pyromaniax
Le dernier single des Arsonists avant la sortie de ce premier album est une curiosité particulièrement loufoque construite autour d'une musique de film. Rigolo un temps, mais l'essentiel de As the World Burns est ailleurs.

Rhyme Time Travel
Simulant un voyage dans le temps, les Arsonists rappent selon les canons en vigueur à diverses époques : rythmique discoïde et phrasé rapide pour 1979, imitation d'Eric B & Rakim pour 1988, rap minimaliste et tout en ambiance pour 1999. Un peu conceptuel, certes, mais néanmoins excellent.

Live to Tell
Dans le prolongement de "Rhyme Time Travel", les Arsonists nous livrent un rap au phrasé rapide et linéaire sur fond d'ambiance atmosphérique et de rythmique implacable. Le meilleur du rap contemporain.

Halloween
Comme pour rattraper un départ poussif, As the World burns s'achève par de véritables morceaux d'anthologie, à l'image de ce Halloween : fond sonore inquiétant, réhaussé par quelques touches de piano, on jurerait réentendre le Wu-Tang Clan au temps de sa gloire. Et le morceau suivant, "In your Town", est strictement du même tonneau.