Nu Skool
{le nouveau hip hop}
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A PRINCE AMONG THIEVES
(Tommy Boy, 1999)
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En 1999, comme si ses faits d'armes passés ne lui suffisaient pas, Prince Paul a vu son A Prince Among Thieves s'arroger le titre ronflant d'album-concept le plus réjouissant de l'histoire du rap. Deux ans après son premier album solo Psychoanalysis: What is it?, où il se montrait beaucoup plus perturbé qu'à l'accoutumée, Prince Paul renouait avec son hip hop jovialement inventif autour de la bande originale d'un fil imaginaire contant les mésaventures d'un rappeur amateur, Tariq, en quête d'un contrat, mais finalement entraîné vers le gangsterisme.
Pour tenir les rôles de cette comédie improbable, Prince Paul n'a pas hésité à puiser abondamment dans son carnet d'adresse, et à convier en masse un nombre impressionant de grands noms du rap : RZA, qui ne rappe pas mais occupe son propre rôle d'éminence grise du Wu-Tang, De La Soul, Kool Keith, Sadat X, Xzibit, Big Daddy Kane, Biz Markie, Everlast, Kid Creole... Mais il a également convié le comédien Chris Rock et quelques transfuges de la nouvelle génération rap, au premier rang desquels le rappeur Breeze, MC des Juggaknots (groupe membre avec Company Flow des Indelebile MCs), ici dans le rôle principal.
Le résultat de cette pléiade de collaborations est une sorte de panorama réussi de l'état du rap en cette fin des 90's. Chaque invité, en effet, importe successivement son propre style : tandis que Kool Keith découvre un nouveau rôle à sa mesure en jouant les marchands d'armes, qu'Everlast nous livre un hip hop blanc vérolé de guitares, les membres de De La Soul s'amusent aux accrocs au crack le temps d'un réjouissant "More than U Know". Prince Paul, accompagné de Breeze et de Sha, en rajoute même, quand il se lance dans un morceau échappé d'un album d'Ol'Dirty Bastard ("You got Shot"), dans un exercice g-funk ("A Prince Among Thieves"), ou qu'il invite Xzibit, Sadat X et Kid Creole à rapper sur un fond "sicilien" ("Handle your Time").
Tous les titres ici cités, efficaces et finement ouvragés, sont autant de hits potentiels. Dommage, alors, que le tout soit gâché par les deux travers habituels de Prince Paul : la multiplication des interludes (une plage sur deux), autant de transitions nécessaires mais lassantes dans le long film qui nous est raconté, et une atmosphère par moment franchement trop ludique pour être vraiment marquante. Sans pouvoir s'écouter comme un véritable album, A Prince Among Thieves aura toutefois le mérite de faire l'état des lieux du meilleur rap de l'époque et de révéler au grand public les talents cachés des MCs Breeze et Sha.
Artiste : Prince Paul
Scène : New York
Extrait : Steady Slobbin
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Cote NuSkool : 7/10
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Nul autre que Kool Keith aime autant jouer les comédiens. L'allumé de service trouve ici son bonheur en jouant le rôle de Crazy Lou, un marchand d'armes, sur un fond inquiétant tout droit sorti de Dr Octagon.
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Prince Paul retrouve ses vieux compères de De La Soul et l'esprit de 3 Feet High and Rising, sur les quelques minutes d'un air funky et réjouissant, où les trois MCs jouent les crack addicts.
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Dans un rôle qui lui va à merveille, celui de Withey Ford (cf son album solo), un flic ripoux et particulièrement antipathique, Everlast se lance sans surprise dans un exercice convenu mais réussi de rap à guitares.
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Toujours excellents, Breeze et Sha rappent sur fond de piano minimal, accompagnés de temps en temps par une voix à la Ol'Dirty Bastard.
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