Nu Skool
{le nouveau hip hop}

home
forum
ecrire
liens


Rubriques

articles
biographies
critiques
interviews
labels
scènes

Hit-Parade

HOME FIELD ADVANTAGE
(Rawkus/PIAS, 1999)

C'est un scénario désormais bien rôdé. Des valeurs montantes du hip hop, ici Eon et Mighty Mi, les deux éminences de the High & Mighty, fondent leur propre label, Eastern Conference. Ils sortent ensuite un premier album, en version promo, intitulé dans ce cas Home Field Advantage. L'objet est remarqué sur le circuit hip hop underground, et vient gonfler la rumeur sur le talent des deux blancs bec en question. Finalement, le duo décroche un contrat de distribution avec Rawkus, qui sort une version définitive de l'album et lui donne la visibilité qu'il mérite.

Précédés par une impression favorable, celle de leur prestation sur la compilation Soundbombing Vol. 2 et du single "B-Boy Document", the High & Mighty ont donc sorti à l'automne 99 l'un des albums les plus attendus de cette année. Pour les épauler, et pour respecter une habitude désormais bien établie dans le hip hop, ils y ont convié une nuée d'artistes : leurs propres compagnons de label (Mos Def, Pharaohe Monch), quelques figures de l'underground new-yorkais (l'incontournable Kool Keith, Thirstin Howl III, Bobitto Garcia, What?What?) et angelino (Evidence, Defari), ainsi que leur comparse Cage et, ô exploit, son ennemi juré Eminem.

Bienvenues, bien gérées, ces collaborations ne dépassent toutefois pas le niveau des quelques vieux morceaux à l'origine de la notoriété du duo, à savoir les cordes de "the Meaning" et le grandiose et somptueux "Mind, Soul & Body", deux sommets indépassables de Home Field Advantage. Restent un "Dirty Decibels", où le phrasé tranchant de Pharoahe Monch fait des miracles, ainsi que la drôlerie de "Hands on Experience", hymne à la masturbation où Kool Keith vient parler de son sujet favori.

Le reste de l'album n'est malheureusement pas toujours du même tonneau. Malgré un beat toujours efficace, la production variée de Mighty Mi, et la voix nasillarde d'Eminem qui vient par deux fois réhausser un titre un peu faiblard, la plupart des morceaux inédits, à l'exception notable de l'apaisé "Dick Starbuck" et du synthétiseur de "the Half", excellents, restent au niveau d'un rap moyen. Une nouvelle confirmation qu'un album trop long ne rend pas toujours justice à ses auteurs. Car the High & Mighty, généralement et sur les deux tiers de Home Field Advantage, n'ont franchement pas volé leur nom.

Artistes : the High & Mighty
Scènes : New York
Extrait : Mind, Soul & Body
Durée : 62"27'

Home Field Advantage

Cote NuSkool : 6,5/10

B-Boy Document 99
Le titre qui a révélé the High & Mighty est ici disponible sous une forme plus accessible, servi par un petit gimmick vite lassant et le flow toujours aussi dynamique et chaleureux de l'incontournable Mos Def. On regrette toutefois celle de El-P, de Company Flow, présente sur une version antérieure.

The Meaning
L'un des morceaux de bravoure de the High & Mighty, ici à peine remixé. Début d'anthologie, mêlant scratches et cordes classiques. Fin non moins mémorable, qui voit Eon se lancer dans une litanie, et lister toute une série de rappeurs qui trouvent grâce à ses yeux.

Hands on Experience
Pour cette deuxième version de "Hands on Experience", rigolote ode à la masturbation, Eon et Mighty Mi ont invité l'homme de la situation, Kool Keith, épaulé ici par la rappeuse What?What?, aperçue auprès de the Herbaliser, et par Bobbito Garcia, le patron de Fondle'em Records.

Mind, Soul & Body
Sans doute le sommet de l'album. Une merveille de piano minimaliste accompagné du flow de Eon, lui-même entrecoupé par la scansion solennelle d'une rappeuse.