Nu Skool
{le nouveau hip hop}
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Le développement d'une scène hip hop indépendante autour de la Bay Area n'a rien d'étonnant. Grande métropole au passé musical prestigieux, San Francisco se situe à distance des capitales traditionnelles du rap, New York et Los Angeles, également principaux sièges de l'industrie musicale américaine. Aussi les artistes locaux y ont-ils créé leurs propres structures. Dans la lignée de quelques précurseurs locaux comme les Disposable Heroes of Hiphoprisy ou les Souls of Mischief, ils tentent de prouver, tous à leur manière que le West Coast hip hop ne se résume pas au gangsta rap.
La particularité du hip hop de la Bay Area (principalement San Francisco et Oakland), outre la positivité de ses rappers, ainsi qu'un souci affirmé de renouvellement du genre, est avant tout la réhabilitation des DJs, virtuoses que n'effraient d'ailleurs pas les excès du turntablism et dont les chefs de file sont les Invisibl Skratch Piklz (Q-Bert, Mix Master Mike, Shortkut...). La scène de San Francisco est aussi très nettement multiraciale : noirs, bien sûr, blancs, également, ainsi que philippins ou japonais.
Deux blancs, justement, ont largement contribué à promouvoir cette scène. Le responsable du label Stones Throw (où sévissent Rasco et Lootpack), Peanut Butter Wolf, ainsi que celui de l'ex Solesides, devenu Quannum Projects (Latyrx, Blackalicious, qui ensemble forment Quannum), déjà connu très largement au delà du rap et de la Bay Area, DJ Shadow. Tous deux ont par le passé participé à un fanzine, BOMB, qui fut un moment le creuset de cette scène naissante. Autre grand personnage à avoir attiré l'attention sur la Bay Area, le vétéran Kool Keith, en s'associant à the Automator et Q-Bert, côté West Coast, et Sir Menelik côté East Coast, pour son projet Dr Octagon.
Depuis, toute une nouvelle génération d'artistes est apparue, relayée cette fois par Vinyl Exchange, une newsletter éditée par DJ Stef. Autour des clubs the Cat's Alley, the Justice League, ou the Future Primitive (rendue célèbre par les exploits des DJs Shortkut et Cut Chemist), s'illustre désormais toute une myriade de grapheurs (Twist), breakdancers, et collectifs musicaux aussi prometteurs que les Hieroglyphics (comprenant les déjà vétérans Souls of Mischief et Del the Funky Homosapien), la Hobo Junction (Saafir...), en qui certains ont reconnu un Wu-Tang West Coast, l'Executive Lounge ou le Living Legends Crew. Bref, tout un réservoir de talents d'où l'on attend que de bonnes choses.
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Endtroducing : un classique du hip hop d’avant garde (abstract hip hop), extrêmement célèbre en Europe, puisque signé par la parrain attitré de la scène trip hop, génie du sampler (DJ Shadow / Mo'Wax).
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93 Till' Infinity : cet album, considéré par l'ensemble du monde rap, indé ou pas, comme un des albums majeurs du genre, remonte à l'époque où les Souls of Mischief, en compagnie de quelques autres (Pharcyde et Freestyle Fellowship, au hasard) tentaient de libérer la Côte Ouest de la dictature gangsta et g-funk (Souls of Mischief / Jive).
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Spectrum : cet album-compilation réunit l'ensemble des artistes de l'ex-label Solesides, désormais Quannum. Un disque kaléidoscope idéal pour découvrir les protégés de DJ Shadow (Quannum / Quannum Project).
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The Album : bien qu’inégal, le premier album de ces protégés de DJ Shadow réintroduit dans le rap une bizarrerie dont il n’avait plus l’habitude (Latyrx / Solesides).
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My Vinyl Weighs a Ton : cet album, dont le nom est un clin d’œil à Public Enemy, est l’un des plus grands rendez-vous de la nouvelle scène hip hop de la Côte Ouest. Recommandé pour qui recherche une vue panoramique des nouvelles scènes de la côte ouest (Peanut Butter Wolf / Stones Throw).
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Time Waits for no Man : ce jeune homme instruit, protégé de Peanut Butter Wolf, donne dans un rap relativement traditionnel, mais est sans doute l’un des MCs les plus prometteurs de la Bay Area (Rasco / Stones Throw).
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